dimanche 6 septembre 2009

Je fuis la ville, et temples, et tous lieux



Je fuis la ville, et temples, et tous lieux
Esquels, prenant plaisir à t'ouïr plaindre,
Tu pus, et non sans force, me contraindre
De te donner ce qu'estimais le mieux.

Masques, tournois, jeux me sont ennuyeux,
Et rien sans toi de beau ne me puis peindre ;
Tant que, tâchant à ce désir éteindre,
Et un nouvel objet faire à mes yeux,

Et des pensers amoureux me distraire,
Des bois épais suis le plus solitaire.
Mais j'aperçois, ayant erré maint tour,

Que si je veux de toi être délivre,
Il me convient hors de moi-même vivre ;
Ou fais encor que loin sois en séjour.

° Louise Labé ° (1526-1566)

1 commentaire:

  1. Tres joli poeme sur la séparation et le manque de l'etre (encore) aimé

    Je ne connaissais pas Louise Labé,merçi de ma l'avoir fait découvrir Phillipe

    Je t'embrasse fort et souhaite que tu aille mieux assé rapidement,ces moments sont toujours difficile

    Sébastien

    RépondreSupprimer