mardi 8 septembre 2009

Quand Montespan voilait le soleil.






Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, est un aristocrate gersois avec qui la vie et l'histoire n'ont pas été tendres. Jusqu'ici la seconde lui a réservé ses oubliettes. Indéniablement, le marquis méritait mieux: il n'y eut pas cocu plus magnifique que cet homme là. Face à un Louis XIV qui engrossa sept fois sa femme, le gascon fit preuve d'un panache et d'un courage sans égal dans les annales royales, d'obstination diront certains, d'inutile entêtement dirent au XVIIème siècle, les tenants de l'absolutisme triomphant. Ce hobereau désargenté osa se présenter à la cour, ce " pays effroyable où il n'y a pas de tête qui n'y tourne.» en grand deuil dans un carrosse orné de cornes monumentales. Quand tous les maris dont le roi honorait les épouses s'empressaient de compter combien cela leur rapportait, se proclamer amoureux et non partageur ne manquait pas de pîquant.Si Montespan s'était contenté de ce fait d'arme l'événement aurait pu rester du domaine de l'anecdote. Mais ce mari trompé fut un des cocus les plus revanchards de tous les temps. Du côté d'Eauze où le roi l'avait renvoyé sur ses terres cuver son malheur, Louis-Henri de Pardaillan, quoique désargenté, fit réhausser la porte d'entrée de son château pour que ses cornes puissent passer.

Les historiens , les romanciers et les cinéatses se sont beaucoup occupés de la Montespan,éblouissant symbole de " Versailles in love". Mais fort peu de son mari énamouré dont, de son vivant, tout Paris se gaussait.La cour, les bourgeois et même le petit peuple en redemandaient, comme aujourd'hui les lecteurs de la presse «people»: tous voulaient savoir les dernières inventions du mari trompé. Molière le raillait dans son Amphitryon, les chansonniers du Pont-Neuf faisiaent leurs choux gras de ses frasques qui finissaient irrémédiablement par faire de l'ombre au Soleil. Jean Teulé s'est pris d'affection pour cet homme excessif qui jamais n'abdiqua devant le Roi-Soleil et l'a ressuscité.

Louis-Henri de Pardaillan qui contesta la droit divin avant la révolution valait bien un roman. Il suffit de puiser dans la réalité de sa vie.Le bougre n'ait jamais en panne d'idées.Assigné un temps à résidence en Gascogne il fait célébrer les obsèques de son amour crucifié. A Paris il rend visite à une foule de prostituées avant de tenter de violer sa femme pour lui transmettre et à travers elle à son royal amant toutes les maladies qu'il espère avoir attrapées. Tandis que se déroule la tragédie d'un homme,sous la plume allègre, souvent féroce, de Jean Teulé, une époque se révèle avec ses turpitudes, ses bassesses, ses petits à côtés du quotidien pas toujours ragoûtants.Il y a de l'ignominie qui s'ignore chez les courtisans aux dents pourries qui mastiquent cannelle et clous de girofle «afin d'avoir le flairer doux» et se soulagent de leurs pressantes envies en public. Plus Montespan enrage, plus leur bassesse et leur veulerie éclatent. "Que d'histoires parce que le roi aime à se rôtir le balai dans ma fille", jette , en colère à la tête de Montespan son beau-père dont le roi vient d'effacer les dettes. Le marquis qui se proclame toujours "mari séparé quoique inséparable" aura pourtant le dernier mot:il fait de sa-femme que jamais il ne reverra son exécutrice avant , selon Teulé, "d'aller attendre Louis XIV derrière un nuage avec un gourdin".

Succulent, truculent de drôlerie, je vous le recommande vivement.

°koukou42°

3 commentaires:

  1. Bonsoir Phillipe

    J'ai entendu l'histoire de ce personnage dans l'émission des racines et des ailes

    Dans l'ombre de son illustre femme qui fut une des fameuses favorites du roi son sens de l'auto dérision était tout a son honneur malgré la honte d'etre cocu...

    Irrésistible quand il fait réhaussé la porte pour que ses cornes puissent passées,tout comme le carosse...

    Le fait aussi de couché avec un grand nombre de prostituées afin d'attraper toutes sortes de maladie pour les refiler a sa femme puis elle meme au son illustre amant

    Un homme fin et élégant avec un regard aigue sur le monde qui l'entoure

    Merçi pour ce moment de bonheur ou un légé "rictus" est venu illuminer mon visage après une sale journée

    Bisous Phillipe,Sébastien

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  2. Je suis content Sébastien que par cette modeste contribution , j'ai ravi un tant soi peu ta journée.

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  3. Je n'ai pas lu ce livre là , feuilleté seulement, hésitante...J'ai adoré celui qu'il a écrit sur Verlaine, et j'en ai publié un billet sur mon fil....
    Amicalement

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